HONORE DE BALZAC

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

HONORE DE BALZAC

Message  Casus Belli le Sam 29 Mar - 19:07

L’œuvre de Balzac est immense, incommensurable. Il vécu un demi siècle seulement, et a écrit pas moins de l’équivalent de 26 tomes de plus de 500 pages, explorant les facettes des mœurs de la société française de son époque, sous toutes les coutures. L’entreprise qu’il s’est fixé : faire concurrence à l’état civil (cf préface). L’efficacité est au rendez-vous, la narration est maîtrisée de bout en bout sur la plupart des récits que j’ai lu, la démonstration implacable.

EUGÉNIE GRANDET _1835 : C’est un roman où l’Amour d’une femme se trouve déchiré, enlevé par l’appât du gain. Tel est le sort des plus pures : « Ce noble cœur, qui ne battait que pour les sentiments les plus tendres, devait donc être soumis aux calculs de l’intérêt humain. » Charles a préféré un mariage « de convenance », choisissant la Ville à la Province, la Richesse à l’Amour. Et malgré ce, Eugénie l’aime encore. Preuve d’un amour pur, intact. Elle va même jusqu’à payer les créanciers de Charles. C’est comme cela que finissent les âmes nobles : « ni mari, ni enfants, ni famille », dans le dénuement le plus total, mais sans hargne ni haine contre l’être aimé.

ILLUSIONS PERDUES _1837-1843. C’est un roman que devrait lire tout poète déchu. Nous suivons les mésaventures de Lucien Chardon (auto-nommé Lucien de Rubempré) dans sa quête de reconnaissance littéraire. Dans la seconde partie (celle qui m’apparaît la plus tragique), on y lit toute la déchéance du rêveur littéraire qui vient à Paris pour réussir, pour y trouver la gloire. Lucien a bien du mal à se plier aux modes de vie de la capitale. Venu avec ses poèmes, il fait figure d’amuseur plutôt que grand poète ; Les Marguerites, recueil de poèmes qu’il a écrit et qu’il lit en public divertit tout juste l’auditoire. Ce n’est pas divertir qu’il souhaitait, mais être reconnu. Il va alors se tourner vers des cercles de penseurs : le Cénacle, réunion de jeunes qui partagent différentes idées politiques, en bonne amitié ; mais cette reconnaissance ne lui suffisant pas, il va se jeter dans le monde hostile du journalisme et ses guerres idéologiques (libéraux contre royalistes). Travaillant pour les uns, acquérant pendant un temps une notoriété, puis pour les autres, il finira conspué, humilié, victime. En un seul article, il s’est mis toutes ses relations à dos. Déconsidéré dans tous les milieux, Lucien s’en retournera vers sa famille.

J’apprécie également LE PÈRE GORIOT _1834, roman où nombre de personnages représentent des archétypes de destins tragiques : le père abandonné par ses filles, le jeune étudiant venu conquérir Paris, etc. Le roman s’achève sur les pensées de Rastignac, où résonnent les rêves de gloire du provincial venu conquérir la grande ville :
H. de Balzac a écrit:« À nous deux maintenant »
.
J’ai aussi savouré le roman LE LYS DANS LA VALLÉ _1836 pour ses fulgurances poétiques (notamment la description d’un bouquet de fleurs).
avatar
Casus Belli
Admin

Messages : 96
Date d'inscription : 08/03/2012
Age : 34

Voir le profil de l'utilisateur http://arts-narratifs.forumgratuit.org

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum