MIGUEL DE CERVANTES SAAVEDRA

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MIGUEL DE CERVANTES SAAVEDRA

Message  Casus Belli le Sam 29 Mar - 19:05

[Mythe : Récit fabuleux, transmis par la tradition, qui met en scène des êtres incarnant sous une forme symbolique des forces de la nature, des aspects de la condition humaine] Petit Robert 2009

À travers son anti-héros, l’auteur saisit la force du mythe : le mythe anime les êtres. Pour Don Quichotte, les histoires de chevalerie sont comme des mythes.
Dans le premier tome de Don Quichotte, un des personnages du roman raconte une histoire de chevalerie, et Don Quichotte, écoutant, au même moment, se met en branle, s’anime, remue son épée et perce des outres de vin, s’imaginant combattre des géants. Voilà la puissance qu’opère le mythe : le mythe n’est pas juste une histoire qu’on se raconte au coin du feu pour passer le temps ; le mythe a une force, celle d’animer les êtres. De savoir si l’histoire racontée est vraie ou fausse, qu’importe ? L’important est qu’on y adhère. Le narrateur est un artiste de la vérité ; lors d’une émission sur l’activité de romancier, Yasmina Khadra stipule :
Y. Khadra a écrit:« on peut mentir, mais on ne peut pas tricher ».
Don Quichotte ment en se racontant des histoires, mais il ne triche pas avec son cœur, et des histoires de chevaliers errants, il en recherche l’essence dans le monde réel : redresser les torts qu’ont commis ceux qui n’écoutent pas leur cœur, pour prouver sa vaillance à sa dulcinée, afin de montrer tout l’Amour qui l’habite. Aussi maladroit et comique qu’il puisse être dans sa mission, le chevalier errant reste soumis à cette mission.
Don Quichotte n'observe pas les faits et les constats (il ne voit pas un moulin mais des géants), parce qu'il écoute son cœur. Et Sancho le comprend au fur et à mesure de leur relation.
La mort de Don Quichotte m’est triste. Il redevient Alonso Quijano, le théâtre est fini. Il n’a jamais côtoyé sa dulcinée, bien qu’il lui ait dévoué toutes ses aventures.
Dans les premiers chapitres, les amis de Don Quichotte brûlent les romans de chevalerie de sa bibliothèque, jugeant que ces livres sont la cause de sa folie. Ces livres de chevalerie sont bien la cause, moins d’une folie que d’un cœur perpétuellement en détresse ; détresse qui force la raison à mythifier perpétuellement la réalité. Cœur et raison s’opposent. Don Quichotte écoute le cœur dans un monde qui écoute la raison.
La narration de Miguel de Cervantès nous intime de comprendre Don Quichotte, qui lui-même comprend le cœur des chevaliers errants empli de bravoure. L’auteur se détache des récits antérieurs de chevaliers errants, en faisant tomber le héros et sa vaillance dans le monde réel.
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