GEORGE ORWELL (Éric Arthur Blair)

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GEORGE ORWELL (Éric Arthur Blair)

Message  Casus Belli le Ven 4 Avr - 9:44

1984 _1948
Livre référence au sein de la littérature contestataire, l'auteur a concentré les pires ingrédients de ce qui fait une dictature totalitaire. Pour décortiquer la structure idéologique, je propose l'analyse en trois points :

1/ ÉLÉMENTS DU RÉGIME POLITIQUE :
- Le monde est divisé en trois grands blocs.
- Ces blocs sont en guerre perpétuelle les uns contre les autres.
- L’Histoire est régulièrement réécrite par le « ministère de la Vérité ». Winston travaille dans ce ministère : son travail consiste à remanier les archives historiques afin de faire correspondre le passé à la version officielle du Parti.

2/ ÉLÉMENTS FICTIFS DU RÉGIME POLICIER :
- Dans chaque logement des membres du parti, une caméra est installée.
- Des caméras sont disposées dans tous les lieux publics ; avec le message
G. Orwell a écrit:« Big brother is watching you ».
- Des hélicoptères se postent quelques minutes devant les fenêtres d’habitants pour contrôler qu’il n’y a aucune infraction.

3/ ÉLÉMENTS FICTIFS DE LA POLICE DE LA PENSÉE
- La double-pensée : la capacité pour un individu à accepter deux thèses, deux idées contradictoires. De cette façon, les idées se neutralisent, et toute critique devient impossible.
- Réduction du dictionnaire : des mots sont régulièrement effacés afin de limiter le développement d’idées.
Wittgenstein a écrit:« les limites de mon langage signifient les limites de mon monde. »

- L’activité d’écrire et de développer des idées autres que celles du parti est prohibée.

· Le paroxysme du totalitarisme est atteint, et les individus sont policés mentalement.
· Même la rébellion est organisée PAR l’Etat totalitaire, pour détecter et éradiquer les déviants. Le système a donc plusieurs coups d’avance sur l’individu récalcitrant.
· Le livre de Goldstein fait état d'une logique triviale :

Goldstein a écrit:
« La paix c’est la guerre »
« L’ignorance c’est la force »
« La liberté c’est l’esclavage »
se veut une thèse de l’équilibre, présentée comme inéluctable si l’on veut maintenir une durabilité.

· La guerre n’est pas livrée afin
o de battre l’autre bloc,
o ni même d’obtenir de nouvelles ressources effectives,
mais pour absorber le surplus de plus-value afin de maintenir le schéma social de hiérarchie ; afin de maintenir une crise économique perpétuelle.
G. Orwell a écrit:« faire tourner les roues de l’industrie sans accroître la richesse réelle du monde. »
p254
·
G. Orwell a écrit:« En résumé, une société hiérarchisée n’était possible que sur la base de la pauvreté et de l’ignorance ».

· Au ministère de l’Amour, il n’y a que torture et écrasement mental. L’Amour des deux résistants se trouve broyé par cette organisation politique qui élimine ses dissidents, annihile tout sentiment, les force à trahir celui / celle qu’il / elle aime. La torture est personnalisée, et Winston est poussé à dénoncer Julia. Est-il encore possible de se regarder dans une glace après avoir dénoncé son être cher ? D’être celui qui a trahi son cœur ?
· L'analyse politique est subtile et saisit bien les rapports de classes : la plupart des sociétés humaines sont divisées en trois classes : la classe supérieure, la classe moyenne et la classe inférieure. Au cours de l'histoire, ce modèle à trois couches sociales a varié ; en proportion, en dénomination, en nombre de subdivisions. Mais la pyramide sociale se remet inéluctablement en place, malgré les révolutions, les réorganisations. Cette société stratifiée à trois étages ne peut se résoudre : ces classes sociales sont inconciliables ; les plus haut revenus souhaitent garder leur position, les moyens revenus souhaitent accéder à la classe supérieure, et les bas revenus souhaitent abolir ces clivages. La dynamique reste la même : tel est le théâtre de l'histoire sociale, peu importe le contexte historique. Le schéma général reste le même.
· Toute construction sociale n’est-elle qu’une pyramide ? Est-on voué à se monter dessus, tels des crabes dans un panier de crabes ?
· Qui contrôle le présent contrôle le passé. D’où la nécessité de façonner l’Histoire lorsque l'on veut façonner le présent. Retirer les bases historiques d’un peuple c’est aussi lui retirer sa force, son socle, ses bases. Et inventer un passé, c’est lui fournir un terrain de combat.
· Dans le monde de 1984, tout individu est potentiellement un policier : et de la pensée, et pour dénoncer l’autre. Mais ce, sans en avoir conscience. Plus tard, des philosophes français écrivant sur Matrix diront « Nous sommes tous des agents Smith ».
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