LARS VON TRIER

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LARS VON TRIER

Message  Casus Belli le Jeu 3 Avr - 16:04

DOGVILLE _2003
Le film décrit l’histoire d’une jeune femme réfugiée du nom de Grace dans un petite bourgade tranquille nommé Dogville, dans les montagne Rocheuses, d’apparence paisible et de dehors anodin. Le caractère innocent et candide de cette nouvelle venue va apporter du relief à cette ville ; ville dont les habitants vont s’avérer pleins de vices et abuser d’elle, jusqu’au dernier échelon possible de la dignité humaine (le viol). Ainsi, les travers de la nature humaine vont se trouver épinglés. Les habitants (et le spectateur) sont loin de s’imaginer de telles ignominies au début du film. En intégrant une personne au caractère absolument innocent, Grace se démarque du village communautaire. Sa fraîcheur s’oppose à la profonde noirceur des habitants. Elle sera recueillie par le penseur et philosophe du village.
Le parti prit artistique est audacieux : aucun décors, tout repose sur le jeu des acteurs-rices et de l’utilisation de la lumière.
· Le récit est ainsi rythmé par les rapports entre les villageois et cette nouvelle venue. Au début, le village est accueillant et chaleureux ; Grace trouvera un refuge honnête.
· Mais les rapports vont se dégrader : sentant une bonté infinie, les villageois vont opposer des abus et les plus bas instincts : lâcheté, hypocrisie, va jaillir allant même jusqu’à la séquestration, puis au viol. Même le philosophe pourtant sensé représenter la raison se laissera emporter, passera de l’amour au viol. Les villageois montreront, en cachant leur vergogne, leur part de démon qui les habite, leurs excès qui contrebalancent la façade positive qu’on pouvait se faire à la première impression. Un négatif finalement humain. Tous sans exception seront fautifs.
· Grace finira plus bas que terre, en paria du village, accusée à tort, dévoilant par là-même une justice véreuse, cousue d’hypocrisie. Elle finira transformée en souffre-douleur, en esclave enchaînée puis en objet sexuel ; tous les vices sont là, et même l’hypocrisie des plus humbles sera décortiquée.
SCÈNE FINALE :
· Dans sa dispute avec son père, elle lui reproche son arrogance. Lui, rétorque que sa volonté  de toujours compatir est de la condescendance, et que c’est de l’arrogance, et qu’au contraire de « descendre avec », parmi eux, il ne faut pas les excuser, parce que c’est à eux de s’élever plutôt qu’à la grâce de descendre. Pour Grace,
Grace a écrit:« le meurtrier n’est finalement que victime des circonstances »
alors que pour son père, ce ne sont que des
le père a écrit:« meutes de chiens, et quand un chien lape son propre vomi, on doit tirer plus fort sur sa laisse »
· La question est de savoir si nous pouvons dépasser notre nature :
Grace a écrit:« Mais un chien ne fait qu’obéir à sa nature, alors pourquoi ne lui pardonnerait-on pas ? »
le père a écrit:« Non, car on peut apprendre beaucoup de choses à un chien ; hélas il ne fera pas le moindre progrès si son maître lui pardonne chaque fois qu’il suit sa nature »
· Après que son père lui propose de réfléchir de nouveau, elle fait un dernier tour dans le village, et, à la lumière d’un clair de Lune, voit enfin les moindres recoins, comprend ce que son père lui disait : pour le bien de l’humanité entière mais aussi pour le bien de l’autorité, il est nécessaire de ne pas toujours pardonner.
· Seul le chien sera épargné, finalement moins en tort que les humains, montrant par là-même que Grace ne place pas l’humain au niveau du chien et qu’elle ne regrette pas sa décision de les punir.
· Qu’est ce qui est arrogant, au final : de croire que l’humain peut dépasser sa nature vicieuse ou de tirer sur la laisse des autres comme si nous étions leur maître ?
· Ce que l’on s’inflige à soi-même comme vertu nous empêche t-il d’être compréhensif envers ceux qui n’y parviennent pas ?
le père a écrit:« Tu pars du principe que de toute façon, PERSONNE ne peut atteindre l’idéal moral auquel tu t’es hissé, et donc, ce n’est pas leur faute… Je ne connais rien de plus arrogant que ça. »
· C’est après une dernière visite au penseur, où il reconnait avoir été arrogant,  qu’elle prend la décision d’éliminer cette ville : le reconnaître n’est pas suffisant. Il faut payer de sa personne. La punition est sévère. Elle fera abattre tout le village, y compris le penseur, unique villageois qu’elle tuera de ses mains :
Grace a écrit:« Il y a des choses qu’il ne faut pas laisser faire à d’autres ».
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