MARTIN SCORCESE

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MARTIN SCORCESE

Message  Casus Belli le Jeu 3 Avr - 10:29

Martin Scorcese fait partie de ces réalisateurs qui travaillent en tandem sur le long terme avec leur acteur fétiche ; Robert De Niro dans les années 70-80, c'est avec Leonardo Dicaprio qu'il collabore sur sa seconde partie de carrière.
SHUTTER ISLAND _2010 (adapté du roman éponyme de Dennis Lehane _2003)
Dans ce thriller haletant, Teddy Daniels est US Marshals et enquête avec son acolyte sur la disparition d'une patiente de l'Hôpital psychiatrique situé sur Shutter Island. Le scénario réserve bien des surprises, et le spectateur se trouve lui-même saisit de vertiges, ne sachant pas ce que cache vraiment ce lieu étrange : y fait-on des expériences sur les patients ? Qui est vraiment Teddy Daniels ? À qui faire confiance ? Où est la frontière entre la réalité et l'hallucination ? La santé mentale vacille, et le protagoniste ne cesse de courir après lui-même, après son passé.
De nombreux points de détails sont à observer :
* en faisant route vers Shutter Island, Teddy dit à son partenaire :
- « clôture électrique sur tout le périmètre.
- comment vous le savez ?
- j’en ai déjà vu par le passé qui ressemblaient à ça. »
il fait évidemment allusion aux camps de concentration qu’il a vu par le passé. Là déjà, la santé mentale de Teddy Daniels vacille : il assimile un asile avec un camp de concentration
* On pouvait se douter que quelque chose cloche avec leur identité, dés le début : son acolyte a du mal à retirer le flingue de sa taille, et pour cause : il n’est pas Marshal, il joue le rôle que Teddy Daniel lui assigne.

* La dernière scène révèle toute l'ampleur de sa schizophrénie :
Teddy Daniels a écrit:« Is it better to live as a monster, or die as a good man ? »
Pour camoufler à sa conscience le crime qu’il a perpétré (le meurtre de sa femme), Teddy Daniels s’est inventé un scénario. L’hôpital psychiatrique entre dans son jeu. Sur la dernière scène, il se demande ce qui devrait être le pire : vivre comme un monstre, ou mourir en homme de bien ?
Proposition d’analyse : le monstre est celui qui vit avec la conscience de sa culpabilité, sans en être affecté. L’homme de bien est celui qui accepte de mourir pour le crime qu’il reconnaît avoir commis. Face à ce dilemme, il a géré : il sait, mais il lui est préférable d’ignorer les faits et s’inventer un monde pour continuer à vivre. Son délire est le seul moyen de survivre.

_SILENCE _2016

Quelles souffrances est-on prêt à endurer pour honorer sa foi ? Est-on prêt à mourir pour sa croyance ? C'est l'histoire de deux jeunes missionnaires jésuites portugais qui réalisent un voyage au Japon au XVIIième siècle pour retrouver le Père Feirerra, alors porté disparu. Ils vont affronter un Japon à la fois hostile et accueillant : une autorité qui cherche à les exterminer et un peuple qui cherche leur bienveillance, leur pardon. C'est sur cet antagonisme que se joue la trame de l'histoire, et le dénouement non moins dramatique. Leur foi va être mise à rude épreuve, jusqu'à ce que mort s'ensuive.
Il vont découvrir l’impensable : la torture peut faire abjurer la foi. Personne ne résiste, pas même un jésuite missionnaire animé de la plus ardente foi chrétienne.
Parce que comme l’explique le Père Feirerra, au Japon, leur dieu c’est la nature, le soleil : tout vient par lui, tout repart vers lui.
Ils découvrent un Père Fereirra qui a abjuré, et qui va même jusqu’à réfuter le christianisme ; leur « religion ne peut s’enraciner en aucune façon dans ces contrées ».
La force du film est de montrer comment la foi peut plier face au choc des cultures.
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Casus Belli
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