FIODOR DOSTOÏEVSKI

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FIODOR DOSTOÏEVSKI

Message  Casus Belli le Sam 29 Mar - 19:49

LES DEMONS
Бесы (LES DÉMONS – première partie) _1869
* J’observe des personnages hantés par des idées. La narration est presque sur le modèle de faits rapportés. Les démons sont des personnes habitées par des idées vertigineuses : le suicide, l’athéisme, l’avenir du monde, la meilleure façon de relater son époque, etc.
* Nikolaï Vsévolodovitch Stavroguine : personnage énigmatique, ce Démon en herbe est habité d’idées, mais lorsqu’il va trop loin, passé un certain seuil  (dans ses actes, dans la transgression, dans sa bouffonnerie), il est considéré comme fou.
* J’observe également la façon dont les personnages sont influencés par les idées des autres.
Je note des développements de pensées au sujet du suicide. P197 : la question n’est pas de savoir pourquoi l’on se suicide, mais de savoir pourquoi l’on ne se suicide pas (très nihiliste comme approche). Dans les propos du personnage, l’évitement du suicide est soumis à deux facteurs, pour tous:
* La peur de l’Après (autrement dit La Mort)
* La douleur
En tuant ces deux conditions, on sera Dieu.
F.Dostoïevski a écrit:« Celui qui vaincra la souffrance et la crainte, celui-là sera dieu. »
p199
Ainsi, j’en déduis que : sans la peur et la douleur, on est tout aussi bien mort. Il n’est de liberté plus fondamentale que l’aptitude au suicide.
F.Dostoïevski a écrit:« Tous ceux qui cherchent la liberté fondamentale doivent avoir le courage de se tuer. »
p200.

Бесы (LES DÉMONS – deuxième partie) _1869
* La confession écrite de Stavroguine est assez troublante : il avoue ses crimes, sa lâcheté, sa bassesse. L’absence de raison – et la conscience qu’il n’y a pas de raison, ni de circonstance - à tous ses agissements fait de lui un nihiliste en apparence. Il n’a pas de projet de société. C’est un Démon. Mais un Démon qui a conscience du malheur de l’Humanité : toute cette agitation humaine est liée à la recherche d’un bonheur simple. Mais ce bonheur est hors de portée réelle :
F.Dostoïevski a écrit:« Rêve inouïe, erreur sublime ! »
p475 Sa transgression n’a pas de but ; elle se suffit à elle-même. C’est donc un Démon absurde.

Бесы (LES DÉMONS – troisième partie) _1869
* La philosophie sur la liberté, évoquée dans la partie 1 (en débutant par des réflexions sur le suicide), se poursuit : l’absence de Dieu conduit à une liberté totale :
F.Dostoïevski a écrit:« Si Dieu n’existe pas, je suis Dieu »
p275 Dieu est le seul être libre, qui ne dépend de rien, d’aucune loi physique ou morale. Il est souverain et n’a pas de cause. En conséquence, si l’on tue l’idée de Dieu, la place est libre, et il ne tient qu’à nous de la prendre. Mais c’est peut-être plus facile à énoncer qu’à concevoir :
F.Dostoïevski a écrit:« C’est comme si un pauvre, ayant fait un héritage, n’osait s’approcher du sac et craignait d’être trop faible pour l’emporter »
p275 La liberté totale fait peur.
* Dieu est omnipotent. Sinon, il n’est pas Dieu.
F. Dostoïevski a écrit:« Si Dieu existe, tout dépend de lui, et je ne puis rien en dehors de sa volonté.»
p275 En revanche, s’il n’existe pas, alors la liberté est totale, et il faut la prendre
F.Dostoïevski a écrit:« S’il n’existe pas, tout dépend de moi, et je suis tenu d’affirmer mon indépendance »
p275 Il n’y a pas d’entre deux.
F.Dostoïevski a écrit:« Dieu n’existe pas »
. p276 C’est seulement ainsi que nous pourrons recouvrer notre être
F. Dostoïevski a écrit:« L’Histoire humaine est pour moi »
p 276
Mais rappelons la première partie : la « suprême » liberté est le suicide. Mais faut – il se suicider pour autant ? Non, simplement en avoir le courage. Ainsi seulement, l’individu sera en mesure de se déchaîner, d’Etre. Enfin. C’est là que prend fin l’athéisme : le vrai athée se tue.
F.Dostoïevski a écrit:« Je ne comprends pas comment jusqu’à présent l’athée a pu savoir qu’il n’y a point de Dieu et ne pas se tuer tout de suite ! »
p278 Il faut aller plus loin, et faire passer Dieu en soi, pour vivre enfin libre
F.Dostoïevski a écrit:« Sentir que Dieu n’existe pas, et ne pas sentir du même coup qu’on est soi-même devenu dieu, c’est une absurdité, autrement on ne manquerait pas de se tuer. Si tu sens cela, tu es un tzar, et, loin de te tuer, tu vivras au comble de la gloire »
p278 Ainsi, l’idée du suicide, et l’aptitude au suicide, permettent de s’éloigner du suicide réel.
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